28 octobre 2006
LES CINQ FORMATS AUDIO LES PLUS RÉPANDUS EN 2006
LES CINQ FORMATS AUDIO LES PLUS RÉPANDUS EN 2006
Notes explicatives
Ce topic ne fait que donner mon point de vue sur les six formats audio les plus en vogue. Il ne s’agit nullement d’un historique, mais juste d’une série de commentaires aussi objectifs que possible.
Par « bas débit », j’entends des fichiers dont le bitrate maximal ne dépasse pas 128 kb/s.
Par « bitrate » (appelé également « débit » ou encore « vitesse de transmission »), comprenez le nombre de bits que, chaque seconde, l’encodeur utilise dans un fichier en vue de coder du son (ou des images, mais ce n’est pas le sujet ici…).
Le VBR est un mode d’encodage de fichiers tel que le bitrate varie dynamiquement chaque seconde au sein dudit fichier en fonction de la nature et de la complexité des données, ce qui confère une qualité audio constante et souvent bonne. Le CBR, lui, encode à bitrate quasi-constant
Par « encodage », veuillez saisir diminution de la taille d’un fichier son en un fichier de format plus compact, par suppression d’informations redon-dantes ou jugées telles
1. Le MP3
Il s’agit de l’un des premiers formats audio à être connus du grand public, surtout internaute. Conçu par l’institut Fraunhofer déjà depuis fin 80, il s’est sans cesse amélioré depuis. De plus, cette ancienneté dans la conception lui confère une compatibilité quasi-parfaite avec les lecteurs du moment (radios, baladeurs, platines DVD, téléphones), ce qui fait de lui un format souple et polyvalent.
Bien entendu, polyvalence ne rime que rarement avec qualité et c’est le cas de le dire pour le MP3. En effet, l’audiophile averti sentira qu’à 128 kb/s, malgré les améliorations des algorithmes d’encodage, le son manque de certaines notes dans les aigus extrêmes. En dessous de ce bitrate, c’est le cauchemar auditif assuré où métallisation du son cohabite avec pertes profondes des sons aigus ou proches des aigus, particulièrement quand le bitrate maximal est de 64 kb/s… Notons en passant qu’outre le bitrate, la qualité sonore est grandement fonction de l’encodeur utilisé. Alors que les algorithmes récents (du genre Lame 3.9xx) accomplissent des exploits, les encodeurs de premières générations piétinent parfois sérieusement ! Ainsi, une chanson X codée à 128 kb/s aura un son plus ou moins irrespectueux de l’original selon l’algorithme utilisé.
Comme j’y suis, l’encodage en MP3 prend du temps même avec un ordi puissant style Pentium IV. Certes, l’encodeur Xing est rapide, mais seule la dernière version (payante…) produit des MP3 écoutables. Et je vous épargne les péroraisons sur la lenteur extrême lorsqu’on encode en VBR… Certes, le mode VBR, du fait qu’il adapte le débit binaire à la complexité du son, donne des résultats louables, mais la taille des MP3 créés, si l’on désire bénéficier de ladite qualité louable, grossit démesurément (plus de 160 kb/s) et… sort par conséquent de mon topic !
Bref, le MP3 n’est pas très fameux en bas débit. Heureusement pour lui, l’espace de stockage des disques durs et des baladeurs ne cesse d’augmenter. Format archi-répandu, le MP3 a encore de très très longs jours devant lui.
2. Le MP3 Pro
Cousin, pour ne pas dire frère, du MP3, créé courant 2001, le MP3 est censé redorer le blason terni de son aîné. En effet, même à des débits aussi bas que 64 kb/s, il produit un son acceptable, certes quelque peu métallisé, mais tout de même supportable, les aigus étant bien conservés. Pour des rai-sons plus marketing que réellement techniques, le bitrate plafond commun du MP3 Pro est de 96 kb/s à débit constant (CBR). Et même à ce débit, il pro-duit un son excellent, parfois supérieur en qualité audio au MP3 à 128 kb/s !
Bien beau, tout cela… Malheureusement, comme la plupart des choses faites d’homo sapiens sapiens, le MP3 Pro n’est pas la panacée… C’est que lire ce format exige qu’un décodeur approprié soit installé. Autrement, le fichier sonnera comme du MP3 à débit équivalent… horrible, quoi !
Et je ne vous cache pas que l’encodeur n’est gratuit qu’à de rares exceptions, qu’il soit téléchargeable ou intégré dans Nero (payant, même en ver-sion OEM). En parlant d’encodage, justement, sa lenteur est telle que le MP3 fait office de bolide.
Pour ce qui est de la compatibilité, même sur ordi, elle est trébuchante. À l’heure où, sommeillant, je saisis ce topic, ne sont pas légion les radios, baladeurs et autres platines DVD qui lisent correctement ce format.
Au demeurant, le MP3 Pro n’est pas si mal. Mais avant de s’y lancer, assurez-vous que soit vous aurez toujours un PC (de préférence costaud) à vo-tre disposition, soit des lecteurs compatibles à domicile ou dans les parages et… beaucoup de thune dans le cas contraire !
3. Le WMA
N.B. : Ma prolixité pour ce format ne doit que ne pas vous inquiéter. Ce n’est pas par hasard que je me nomme WMA Imperator…
Créé sous sa syntaxe binaire actuelle en fin 99, le WMA est le format de la cupide Micro$oft. Il utilise, semble-t-il, du moins globalement, des al-gorithmes de compression similaires à ceux du MP3. Toutefois, des améliorations notables sont apportées par rapport à l’ancêtre. Dès les origines, à des débits inférieurs à 128 kb/s, le WMA produit un son plus net et plus riche que le MP3. Ce n’est pas si terrible, Madame Métallisation sévissant en ces si bas débits, mais c’est appréciable… La version 9 du WMA, sortie fin 2002, améliore encore le rendu sonore, bien qu’on ne soit pas au niveau du MP3 Pro. Il est vrai qu’à 128 kb/s, la qualité du son dépasse très légèrement celle du MP3 (et encore pour certaines chansons), mais à 96 kb/s et surtout à 64 kb/s, le MP3 Pro donne des résultats des plus honorables.
Question vitesse d’encodage, elle est l’une des plus rapides parmi les formats audio, en tout cas la plus rapide des cinq formats et ce, même en mode VBR ! Et celui-ci produit un son fort convenable à des débits compris entre 50 et 100 kb/s à partir de VBR 50 (qualité dite moyenne). En effet, Micro$oft est parvenu à soigner la restitution des sons de bas volume et à réduire la métallisation, mais au détriment des basses quand le débit est aussi faible. En mode VBR, préférez l’encodeur 9.0 et non 9.1 qui produit des fichiers inutilement lourds, mais de qualité étrangement identique aux mêmes fi-chiers produits en 9.0 ! Allez-y comprendre quelque chose… Dieu merci, l’encodeur WMA est gratuit.
Cela n’empêche cependant pas Micro$oft de jouer à l’ultra-capitaliste, notamment en étant en bonne intelligence avec des individus partageant sa tendance. Il a ainsi réussi à doter les WMA, de manière optionnelle (ouf !), de tout un système de protections alias DRM qui restreint singulièrement l’utilisateur des fichiers dans ses manœuvres peu innocentes sur lesdits fichiers, je veux dire par là gravure (limitée généralement à moins de sept fois) et la copie (proscrite sur un autre ordi, limitée à très peu de fois sur un baladeur). Cette option, qui fait la joie des maisons de disques, est kafkaïenne pour l’utilisateur lambda. En effet, non seulement que les lecteurs des WMA protégés ne courent pas les rues et coûtent sacrément cher, mais en outre, la mani-pulation future desdits WMA s’avère ardue, voire à risque, tant pour le fichier que pour la machine. C’est la raison pour laquelle des logiciels de crack du genre FairUse4WM sont, pour beaucoup, un petit moïse du piratage…
Afin de damer le pion à ses concurrents, la firme de Redmond a jugé utile de décliner son format en multiples variantes. À côté de la version basi-que, dite classique, on retrouve la version vocale, la version lossless (sans perte de qualité audio, du VBR pur) et la version dite Professional. Ces deux der-nières variantes, non contentes de coder des sons multicanaux (jusqu’à huit), améliorent sensiblement la qualité auditive. À des débits aussi bas que 48 ou 64 kb/s, il arrive que le WMA Professional fasse mieux que du MP3 Pro. Mais son mode VBR est perfectible en ces bas bitrates. Le hic dans tout ça, c’est que très peu de dispositifs lisent couramment toutes ces subdivisions du WMA. Les variantes vocale et lossless sont quasiment ignorées. La variante Pro n’est lue que par des platines DVD haut de gamme. Le WMA classique, pour sa part, a des chances d’être décodé presque à 100 % dans les baladeurs à mémoire flash ou à disque dur. Pour les radios, chaînes hi-fi et autres Smartphones, il faut fouiller pour dégoter du matériel compatible…
Somme toute, le WMA est un bon format si on veut économiser de l’espace de stockage. Il est plus compatible que le WMA Pro, mais globale-ment moins performant en fait de qualité audio. Mais à vouloir trop faire (cf. DRM), Micro$oft est butée à la grogne des consommateurs.
4. L’Ogg Vorbis
Le format Ogg Vorbis est la propriété de la Xiph Foundation. Sa version stable date de fin 2001 et il a depuis connu pas mal d’améliorations. Son avantage principal est qu’il s’agit d’un format libre de droits, c'est-à-dire à partir duquel l’utilisateur peut créer des milliers et des milliers de fichier sans être inquiété par quelque redevance inhérente audit format . Pour les radios virtuelles et celles en chair et en os, c’est un soulagement !
Par ailleurs, Ogg Vorbis est un format essentiellement VBR, ce qui lui donne une grande qualité d’encodage. Dans les bitrates inférieurs ou égaux à 128 kb/s, il restitue un son impeccable, même à 64 kb/s. Il est juste que certains aigus paraissent augmentés, mais la métallisation se retrouve ici fortement réduite. Du reste, Ogg Vorbis offre théoriquement un son véritablement multicanal, le nombre de canaux audio pouvant atteindre le faramineux chiffre de… 256 !
Ogg Vorbis pèche cependant essentiellement dans sa popularité. C’est que seuls les audiophiles bidouilleurs de l’audio connaissent ce format. Les marques qui proposent le décodage de l’Ogg Vorbis ne sont pas des plus nombreuses quant aux baladeurs. Toutefois, les platines divX tendent systémati-quement à lire ce format. Et je ne vous parle pas de la souffrance mentale qu’endure le processeur lors de l’encodage et du décodage. Les algorithmes uti-lisés suivent en effet une logique fort peu apparentée à celle dont usent les trois formats précités. Et ces algorithmes s’érigent en virtuoses de la complexi-té…
Bref, Ogg Vorbis est un excellent format plein d’avenir. Gratuit au sens total du terme, il est néanmoins encore buté à des problèmes de compati-bilité et de puissance de calcul. Dès qu’ils seront levés, l’Ogg Vorbis est en passe de détrôner le MP3, voire le WMA.
5. L’AAC
Conçu en partie par Coding Technologies et en partie par Fraunhofer, l’AAC est censé corriger les artefacts indissociables du MP3 et du MP3 Pro, voire d’éradiquer celui-là… force m’est de l’avouer, il a tous les atouts quant à ce. Il ne se contente pas d’être multicanal (jusque 48 canaux audio !) et de jongler comme il se doit avec le mode VBR. L’AAC, autrement appelé MP4, accomplit des prouesses à bas débit. À 96 kb/s, ce format sonne légèrement mieux que le MP3 Pro qui, lui, sonne mieux que du MP3 à 128 kb/s. à 64 kb/s, il sonne comme du MP3 Pro à ce débit, mais avec moins d’effets métalliques. On dirait du Ogg Vorbis à 64 kb/s, mais sans saturation d’aigus. C’est vous dire la haute qualité auditive de l’AAC.
Une évolution de l’AAC, baptisée AAC+, se tape le luxe de créer des fichiers assez corrects à 48 kb/s, grâce à un algorithme baptisé « stéréo pa-ramétrique » (Parametric Stereo ». à ce bitrate particulièrement bas, il délivre le meilleur rendu sonore que les quatre formats précédents.
Revers de la médaille, l’AAC encode ses fichiers avec une lenteur désespérante. Pour ce qui est de la compatibilité, elle n’est pas très assise, l’un des rares dispositifs pouvant les décoder étant les baladeurs Ipod, heureusement de plus en plus répandus. Quant aux platines de salon et aux chaînes hi-fi qui lisent ce format, elles n’abondent guère. Notez enfin qu’à l’instar de Micro$oft, de manière optionnelle, une protection restrictive de copie et de gra-vure est proposée pour l’AAC, au grand dam des pirates de tout bord.
Au demeurant, le MP4, bien qu’étant presque parfait en termes de qualité audio, ne fait pas de bons points dans les branches compatibilité et vi-tesse d’encodage, à l’instar de l’Ogg Vorbis.
Conclusion finale
Quel format audio faut-il alors adopter ? Tout dépend de l’usage destiné aux fichiers encodés. Si votre mélomanie ne s’exprime que sur PC, seul votre organe auditif sera l’ultime juge. Et là, tout format peut faire l’affaire.
Si votre audiomanie vous tourne du côté des baladeurs à disque dur ou à mémoire flash, l’économie d’espace de stockage sans sacrifice de la qua-lité sonore s’impose. Ici, on fait de grands signes d’adieu au MP3 qui, on l’a vu, est une injure pour l’ouïe à bas débit.
Pour l’écoute à une chaîne hi-fi de la musique gravée sur CD ou DVD, le format qui vaut est le WMA. En effet, pour peu que ladite chaîne lise ce format, il produit des fichiers de qualité acceptable et de taille réduite, surtout en mode VBR.
Au cas où vous désireriez diffuser sur le Net ou en radiodiffusion standard avec un son net et tolérable, seuls trois formats attirent mon humble at-tention : l’AAC, le WMA et l’Ogg Vorbis, avec une préférence pour ce dernier. C’est que le format de la Xiph Foundation, je vous l’ai dit, est libre de droits, ce qui signifie que la station de radio ou le serveur Internet n’auront pas à payer de redevances qui seraient rattachées au format (les redevances musicales demeurant…).
