LES CINQ PIÈGES QU’UN TESTEUR AUDIO DU FORMAT WMA DOIT ÉVITER

  1. Évaluation de plusieurs variantes du WMA

Le testeur audio du format WMA ne peut objectivement comparer une variante particulière de ce format avec une variante normale d'un autre format. Exemple : établir un comparatif audio entre le format AAC normal à 96 kb/s et le format WMA Pro à 96 kb/s. Les plus raisonnables de comparer par exemple le WMA standard avec l’AAC normal ou encore le WMA Pro avec l’AAC amélioré appelé HE-AAC.

  1. Le respect du bitrate, du nombre d'échantillons par secondes et de la résolution en bits

Exemple : il serait aberrant de tester un WMA à 64 kb/s, 44 kHz, 16 bits, avec un ogg vorbis à 96 kb/s, 48 kHz et 16 bits. En effet, la qualité audio est directement proportionnelle au débit, au taux d'échantillonnage et au nombre des bits de codage par échantillon. Il convient que ces trois valeurs soient rigoureusement identiques d'un format à un autre pour espérer obtenir des résultats objectifs.

  1. Le respect du mode CBR ou VBR

Exemple : on ne peut comparer un WMA à 96 kb/s avec un MP3 VBR à débit moyen de 96 kb/s. En effet, cela serait pécher contre la règle précédente dans la mesure où le mode VBR crée des fluctuations de débit, ce qui fait qu'on triche en quelque sorte sur la qualité du fichier encodés en ce mode (car le mode VBR améliore la qualité). La grande exception est le format ogg vorbis qui est nativement du VBR pur, même si des options CBR sont proposées. C'est peut-être pour cela que la qualité sonore des fichiers qu’il produit est généralement très bonne, même en bas débit.

  1. Analyse fréquentielle

Il est vrai que dans des débits inférieurs à 192 kb/s, du point de vue spectral, le format WMA supprime plus de fréquences aiguës que le MP3. En effet, avec l’encodeur LAME version 3.97 et suivantes, les pics de fréquences atteignent 16 kHz, même à 96 kb/s, alors qu’ils nagent aux alentours de 15.4 kHz pour afficher WMA 9.2 à ce même débit. De même, à 160 kb/s, MP3 atteint presque 19 kHz, alors que WMA atteint péniblement 18 kHz. Beaucoup de testeurs ont vu en cela une déficience du WMA au niveau de l'encodage des hautes fréquences. Il convient de se garder de tirer pareille conclusion, le dernier arbitre étant l'oreille humaine. Pour un débit de 96 kb/s, à l'écoute, il est plus que clair que WMA conserve plus d’aigues et une plus grande richesse instrumentale que le MP3 ! Certains disent même qu’à 160 kb/s, voire à 128 kb/s, le son en WMA paraît plus naturel que le même son en MP3 en ces bitrates. Tout est question de modèle mathématique utilisé lors de la suppression des sons dits inutiles. Apparemment, dans ces vitesses de transmission, WMA dispose d'un modèle plus raffiné.

  1. Bruits blancs et autres complications sonores

N.B. : Ce point est un complément du point précédent.

Je ne vois pas en quoi on peut dire qu'un encodeur est mauvais si un son composé uniquement de castagnettes ou de bruits blancs est mal rendu par ledit encodeur, en écoute comme en spectre. Il s'agit là des situations rares que l’on ne rencontre qu’occasionnellement. En effet, en ce qui concerne les castagnettes et autres sons aigus hyper-répétitifs, du moins pour le WMA, ils sont bien rendus à partir de 128 kb/s ou à partir de VBR 75. Seule une écoute d'experts ou avec du matériel haut de gamme peut déceler des imperfections à ces bitrate et mode. Avouons-le, le commun des mortels dont je fais partie n'a que faire de telles considérations...

Quant au bruit blanc (le fameux « souffle » qui se fait entendre lorsqu'aucune station radio n’est captée, notamment sur des postes analogiques), quel intérêt pratique que de le tester, du moment que dans la musique quotidienne, tous genres musicaux confondus, ils n’interviennent qu'en petites séquences de quelques secondes et encore de manière fort occasionnelle, par effet de style ? Par ailleurs, en WMA, même en VBR 25 ou en CBR 48 kb/s, le bruit blanc est identique au son original, malgré la coupure du spectre ! A fortiori à des débits plus élevés...