USAGES PRÉFÉRENTIELS DES MODES CBR ET VBR EN UNE PASSE POUR LE WMA STANDARD

A. Quand faut-il user du mode CBR ?

1. En cas de streaming

Les serveurs de diffusion en continu ont coutume de diffuser en CBR, même si la source est codée en VBR. En effet, le mode CBR garantit un débit quasi-fixe, une mémoire tampon non fluctuante et une sollicitation mineure du réseau (si la connexion est adaptée au débit choisi).

2. Compatibilité totale (ou presque)

Tout baladeur qui sait décoder les WMA n’aura aucun mal à lire des fichiers encodés en CBR dans ce format. Toutefois, certains modèles et certaines marques de baladeurs ont des difficultés (voire sont dans l’impossibilité) à lire des WMA enregistrés à un bitrate supérieur à 192 kbps.

3. Sauvegarde de l’autonomie de la pile ou de la batterie du baladeur

Les morceaux encodés en CBR sont plus faciles à lire que ceux encodés en VBR. La puce du baladeur aura ainsi moins de puissance de calcul à fournir. Moins de circuits seront sollicités et plus d’énergie électrique sera sauvegardée. Notez toutefois qu’à débit équivalent, le WMA est plus gourmand en calculs que le MP3.

4. Dans quelques rares cas, économie de l’espace mémoire

Il peut exceptionnellement arriver qu’en mode VBR, un WMA soit de taille supérieure au même fichier encodé en mode CBR de bitrate moyen équivalent. Ex : en mode VBR 50, l’équivalent CBR correspond grossièrement au débit de 80 kbps. Si la musique est complexe ou si d’importantes disparités existent entre les canaux audio, la vitesse de transmission moyenne du fichier peut atteindre 116 kbps.

5. Dans d’autres rares cas, préservation de la qualité

Il est parfois remarqué que face à de courts extraits de quelques secondes de sons particulièrement complexes (notamment des extraits proposés lors des tests des codecs), le modèle psychoacoustique du WMA VBR standard à bas bitrate dégrade légèrement la qualité (il faut de l’excellent matériel hi-fi pour s’en rendre compte). Il s’agit néanmoins des cas quasi-introuvables dans le quotidien.

B. Quand faut-il éviter le mode CBR ?

1. Si vous visez la qualité du fichier final

Les modèles mathématiques du WMA VBR ont été conçus pour préserver au sein du fichier un niveau de qualité spécifié. À bitrate équivalent en mode CBR, la musique est rendue avec plus de détails et moins de distorsions. Ex : une chanson encodée à 80 kbps en mode CBR sonne moins bien que la même chanson encodée en VBR 50 à ce débit (en moyenne). Notez toutefois qu’à partir de 128 kbps et au-delà, le mode CBR encode avec suffisamment de qualité pour rivaliser avec un fichier encodé en VBR de bitrate moyen équivalent.

2. Si vous voulez préserver la taille du fichier final

Spécialement à bas débit, encoder en VBR permet souvent de gagner quelques kilooctets. Bien entendu, pour le remarquer, il convient d’avoir à l’esprit la notion de qualité vue supra. Ex : en mode VBR 50, un fichier encodé à débit moyen de 70 kbps est nécessairement plus petit que le même fichier encodé à 80 kbps, à qualité égale, voire supérieure.

C.       Quand faut-il user du mode VBR ?

Voir point B. précédent.

D.       Quand faut-il éviter le mode VBR ?

1. En cas de streaming

La diffusion en ligne a horreur des contenus dont le débit danse la gigue (et dont le WMA VBR est champion). En effet, au sein d’une même chanson, le bitrate peut aller en une fraction de seconde de 32 à 112 kbps sans transitions marquées ! Il est vrai que la norme ASF (que tout fichier de la nébuleuse Windows Media respecte) prévoit dans la structure même du fichier d’astucieux mécanismes en vue de pallier les déconvenues dues à cette bougeotte de bits (les fameux ASF Leaky Bucket qui gèrent entre autres les fuites de mémoire tampon). Mais seuls certains serveurs doués en tirent parti et tous échouent quand les fluctuations de débit s’avèrent trop importantes, ce qui se traduit généralement par des saccades lors de la lecture, voire par des silences inopinés et prolongés.

2. Si on est soucieux de la compatibilité

En réalité, tous les lecteurs et logiciels qui lisent les WMA savent depuis au moins 2004 lire parfaitement les morceaux enregistrés en mode VBR. Attention cependant ! Ce n’est pas tous les baladeurs qui sont en mesure de décoder correctement des WMA dont le débit dépasse 192 kbps, notamment des WMA enregistrés en VBR 90 ou en VBR 98. De tels fichiers, à l’écoute, tronquent désagréablement des portions d’audio allant parfois jusqu’à plusieurs secondes.

3. En cas de sauvegarde de l’autonomie

La structure de décodage du WMA est assez complexe. Quant bien même, selon toute vraisemblance, le même algorithme de décodage serait utilisé en CBR comme en VBR, la lecture des fichiers enregistrés en ce dernier mode consomme plus de ressources. Sûrement les va-et-vient incessants dans les tables de Huffmann et dans les mécanismes d’allocation de bits. Plus le débit moyen d’une chanson est élevé, plus les calculs se densifient et plus l’autonomie chute, attendu que plus la puce sollicite ses circuits en électricité.

4. Dans de rares cas, économie de l’espace mémoire

Voir point A.4

E. En conclusion

L’utilisateur lambda qui ne se soucie pas trop du rendu sonore ou qui dispose d’un baladeur de forte capacité mémoire peut, selon le cas, soit se tourner vers le mode CBR à bas débit, soit se tourner vers le mode CBR à débit supérieur ou égal à 128 kbps. Par ailleurs, il préservera l’autonomie de son appareil et aura la certitude que sa musique sera écoutée dans tous les baladeurs compatibles, pour peu que le débit ne dépasse pas 192 kbps.

L’utilisateur averti dont le seul souci est la qualité finale de ses chansons se tournera en revanche vers le mode VBR. Toutefois, il devra veiller à ne pas utiliser de paliers de qualité supérieurs à VBR 75, à moins que son baladeur ou son équipement audio ne le permette.