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des articles visant les codecs audio

Mon avis sur les codecs audio de Microsoft

26 juin 2009

LES QUATRE FORMATS AUDIO LES PLUS RÉPANDUS EN 2009 À BAS DÉBIT

LES QUATRE FORMATS AUDIO LES PLUS RÉPANDUS EN 2009 À BAS DÉBIT

Notes explicatives

§ Ce topic ne fait que donner mon point de vue sur les quatre formats audio les plus en vogue. Il ne s’agit nullement d’un historique, mais juste d’une série de commentaires aussi objectifs que possible.

§ Par « bas débit », j’entends des fichiers dont le bitrate maximal ne dépasse pas 128 kb/s.

§ Par « bitrate » (appelé également « débit » ou encore « vitesse de transmission »), comprenez le nombre de bits que, chaque seconde, l’encodeur utilise dans un fichier en vue de coder du son (ou des images, mais ce n’est pas le sujet ici…).

§ Le VBR est un mode d’encodage de fichiers tel que le bitrate varie dynamiquement chaque seconde au sein dudit fichier en fonction de la nature et de la complexité des données, ce qui confère une qualité audio constante et souvent bonne. Le CBR, lui, encode à bitrate quasi-constant

§ Par « encodage », veuillez saisir diminution de la taille d’un fichier son en un fichier de format plus compact, par suppression d’informations redondantes ou jugées telles

1. Le MP3

Il s’agit de l’un des premiers formats audio à être connus du grand public, surtout internaute. Conçu par l’institut Fraunhofer déjà depuis fin 80, il s’est sans cesse amélioré depuis. De plus, cette ancienneté dans la conception lui confère une compatibilité quasi-parfaite avec les lecteurs du moment (radios, baladeurs, platines DVD, téléphones), ce qui fait de lui un format souple et polyvalent.

Bien entendu, polyvalence ne rime que rarement avec qualité et c’est le cas de le dire pour le MP3. En effet, l’audiophile averti sentira qu’à 128 kb/s, malgré les améliorations des algorithmes d’encodage, le son manque de certaines notes dans les aigus extrêmes. En dessous de ce bitrate, c’est le cauchemar auditif assuré où métallisation du son cohabite avec pertes profondes des sons aigus ou proches des aigus, particulièrement quand le bitrate maximal est de 64 kb/s… Notons en passant qu’outre le bitrate, la qualité sonore est grandement fonction de l’encodeur utilisé. Alors que les algorithmes récents (du genre Lame 3.9xx) accomplissent des exploits, les encodeurs de premières générations piétinent parfois sérieusement ! Ainsi, une chanson X codée à 128 kb/s aura un son plus ou moins irrespectueux de l’original selon l’algorithme utilisé.

Comme j’y suis, l’encodage en MP3 prend du temps même avec un ordi puissant style Pentium IV. Certes, l’encodeur Xing est rapide, mais seule la dernière version (payante…) produit des MP3 écoutables. Et je vous épargne les péroraisons sur la lenteur extrême lorsqu’on encode en VBR… Certes, le mode VBR, du fait qu’il adapte le débit binaire à la complexité du son, donne des résultats louables, mais la taille des MP3 créés, si l’on désire bénéficier de ladite qualité louable, grossit démesurément (plus de 160 kb/s) et… sort par conséquent de mon topic !

Bref, le MP3 n’est pas très fameux en bas débit. Heureusement pour lui, l’espace de stockage des disques durs et des baladeurs ne cesse d’augmenter. Format archi-répandu, le MP3 a encore de très très longs jours devant lui.

2. Le WMA

N.B. : Ma prolixité pour ce format ne doit que ne pas vous inquiéter. Ce n’est pas par hasard que je me nomme WMA Imperator…

Créé sous sa syntaxe binaire actuelle en fin 99, le WMA est le format de la cupide Micro$oft. Il utilise, semble-t-il, du moins globalement, des algorithmes de compression similaires à ceux du MP3. Toutefois, des améliorations notables sont apportées par rapport à l’ancêtre. Dès les origines, à des débits inférieurs à 128 kb/s, le WMA produit un son plus net et plus riche que le MP3. Ce n’est pas si terrible, Madame Métallisation sévissant en ces si bas débits, mais c’est appréciable… La version 9 du WMA, sortie fin 2002, améliore encore le rendu sonore, bien qu’on ne soit pas au niveau du MP3 Pro. Il est vrai qu’à 128 kb/s, la qualité du son dépasse très légèrement celle du MP3 (et encore pour certaines chansons), mais à 96 kb/s et surtout à 64 kb/s, ses concurrents (AAC et Ogg Vorbis) donnent des résultats des plus appréciables.

Question vitesse d’encodage, elle est l’une des plus rapides parmi les formats audio, en tout cas la plus rapide des cinq formats et ce, même en mode VBR[1] ! Et celui-ci produit un son fort convenable à des débits compris entre 50 et 100 kb/s à partir de VBR 50 (qualité dite moyenne). En effet, Micro$oft est parvenu à soigner la restitution des sons de bas volume et à réduire la métallisation, mais au détriment des basses quand le débit est aussi faible. En mode VBR, préférez l’encodeur 9.0 ou 9.2 et non 9.1 qui produit des fichiers inutilement lourds, mais de qualité étrangement identique aux mêmes fichiers produits en 9.0 et 9.2 ! Allez-y comprendre quelque chose… Dieu merci, l’encodeur WMA est gratuit.

Cela n’empêche cependant pas Micro$oft de jouer à l’ultra-capitaliste, notamment en étant en bonne intelligence avec des individus partageant sa tendance. Il a ainsi réussi à doter les WMA, de manière optionnelle (ouf !), de tout un système de protections alias DRM qui restreint singulièrement l’utilisateur des fichiers dans ses manœuvres peu innocentes sur lesdits fichiers, je veux dire par là gravure (limitée généralement à moins de sept fois) et la copie (proscrite sur un autre ordi, limitée à très peu de fois sur un baladeur). Cette option, qui fait la joie des maisons de disques, est kafkaïenne pour l’utilisateur lambda. En effet, non seulement que les lecteurs des WMA protégés ne courent pas les rues et coûtent nettement plus cher que leurs homologues incapables de lire du DRM, mais en outre, la manipulation future desdits WMA s’avère ardue, voire à risque, tant pour le fichier que pour la machine. C’est la raison pour laquelle des logiciels de crack du genre FairUse4WM sont, pour beaucoup, un petit moïse du piratage…

Afin de damer le pion à ses concurrents, la firme de Redmond a jugé utile de décliner son format en multiples variantes. À côté de la version basique, dite standard (ou classique, la plus répandue), on retrouve la version vocale, la version lossless (sans perte de qualité audio, du VBR pur) et la version dite Professional. Ces deux dernières variantes, non contentes de coder des sons multicanaux (jusqu’à huit), améliorent sensiblement la qualité auditive. À des débits aussi bas que 48 ou 64 kb/s, il arrive que le WMA Professional (notamment dans sa version 10, fortement améliorée par rapport à la version précédente) fasse mieux que de l’AAC ou de l’Ogg Vorbis (voir infra). Mais son mode VBR est perfectible en ces bas bitrates. Le hic dans tout ça, c’est que très peu de dispositifs lisent couramment toutes ces subdivisions du WMA. Les variantes vocale et lossless sont quasiment ignorées. La variante Pro n’est lue que par le baladeur Zune (en stéréo), les téléphones tournant sous Windows Mobile (peu répandus), la XBOX 360 et les platines Blu-Ray. Le WMA standard, pour sa part, a des chances d’être décodé presque à 100 % dans les baladeurs à mémoire flash ou à disque dur (excepté les iPod). Pour les radios, chaînes hi-fi et autres Smartphones, il faut fouiller pour dégoter du matériel compatible…

Somme toute, le WMA est un bon format si on veut économiser de l’espace de stockage. Il est plus compatible que tous ses concurrents (mis à part le MP3), mais s’avère globalement moins performant en fait de qualité audio. Mais à vouloir trop faire (cf. DRM), Micro$oft est butée à la grogne des consommateurs.

3. L’Ogg Vorbis

Le format Ogg Vorbis est la propriété de la Xiph Foundation. Sa version stable date de fin 2001 et il a depuis connu pas mal d’améliorations. Son avantage principal est qu’il s’agit d’un format libre de droits, c'est-à-dire à partir duquel l’utilisateur peut créer des milliers et des milliers de fichier sans être inquiété par quelque redevance inhérente audit format[2]. Pour les radios virtuelles et celles en chair et en os, c’est un soulagement !

Par ailleurs, Ogg Vorbis est un format essentiellement VBR, ce qui lui donne une grande qualité d’encodage. Dans les bitrates inférieurs ou égaux à 128 kb/s, il restitue un son impeccable, même à 64 kb/s. Il est juste que certains aigus paraissent augmentés, mais la métallisation se retrouve ici fortement réduite. Les procédures d’encodage en Ogg Vorbis disposent d’un modèle psycho-acoustique qui diffère largement des autres formats de compression, notamment par la possibilité d’user de plusieurs schémas prédéfinis de réduction de données (même dans une seule chanson) en fonction du contexte musical (les fameux codebook). Le WMA standard ferait pareil, mais cela reste du domaine de la spéculation. Du Par ailleurs, Ogg Vorbis offre théoriquement un son véritablement multicanal, le nombre de canaux audio pouvant atteindre le faramineux chiffre de… 256 !

Ogg Vorbis pèche cependant essentiellement dans sa popularité. C’est que seuls les audiophiles bidouilleurs de l’audio connaissent ce format. Les marques qui proposent le décodage de l’Ogg Vorbis ne sont pas des plus nombreuses quant aux baladeurs. Toutefois, les platines divX tendent systématiquement à lire ce format. Et je ne vous parle pas de la souffrance mentale qu’endure le processeur lors de l’encodage et du décodage. Les algorithmes utilisés suivent en effet, je l’ai dit, une logique fort peu apparentée à celle dont usent ses concurrents. Et ces algorithmes s’érigent en virtuoses de la complexité…

Bref, Ogg Vorbis est un excellent format plein d’avenir. Gratuit au sens total du terme, il est néanmoins encore buté à des problèmes de compatibilité et de puissance de calcul. Dès qu’ils seront levés, l’Ogg Vorbis est en passe de détrôner le MP3, voire le WMA.

4. L’AAC

Conçu en partie par Coding Technologies et en partie par Fraunhofer, l’AAC est censé corriger les artefacts indissociables du MP3, voire de l’éradiquer… Force m’est de l’avouer, il a tous les atouts quant à ce. Il ne se contente pas d’être multicanal (jusque 48 canaux audio !) et de jongler comme il se doit avec le mode VBR. L’AAC, autrement appelé MP4, accomplit des prouesses à bas débit. À 96 kb/s, ce format sonne légèrement mieux que du MP3 à 128 kb/s. À 64 kb/s, on dirait du Ogg Vorbis à ce débit, mais sans saturation d’aigus. C’est vous dire la haute qualité auditive de l’AAC. Le seul format digne de rivaliser avec le MP4 est le WMA Pro de Microsoft, dont le rendu sonore est très proche, surtout à des débits binaires inférieurs ou égaux à 96 kb/s avec la version 10.

Une évolution de l’AAC, baptisée AAC+, se tape le luxe de créer des fichiers assez corrects à 48 kb/s, grâce à un algorithme baptisé « stéréo paramétrique » (Parametric Stereo »). À ce bitrate particulièrement bas, il délivre le meilleur rendu sonore des trois formats précédents.

Revers de la médaille, l’AAC encode ses fichiers avec une lenteur désespérante. Pour ce qui est de la compatibilité, elle n’est pas très assise, l’un des rares dispositifs pouvant les décoder étant les baladeurs Ipod, heureusement de plus en plus répandus. Quant aux platines de salon et aux chaînes hi-fi qui lisent ce format, elles n’abondent guère. Notez enfin qu’à l’instar de Micro$oft, de manière optionnelle, une protection restrictive de copie et de gravure est proposée pour l’AAC, au grand dam des pirates de tout bord.

Au demeurant, le MP4, bien qu’étant presque parfait en termes de qualité audio, ne fait pas de bons points dans les branches compatibilité et vitesse d’encodage, à l’instar de l’Ogg Vorbis.

Conclusion finale

Quel format audio faut-il alors adopter ? Tout dépend de l’usage destiné aux fichiers encodés. Si votre mélomanie ne s’exprime que sur PC, seul votre organe auditif sera l’ultime juge. Et là, tout format peut faire l’affaire.

Si votre audiomanie vous tourne du côté des baladeurs à disque dur ou à mémoire flash, l’économie d’espace de stockage sans sacrifice de la qualité sonore s’impose. Ici, on fait de grands signes d’adieu au MP3 qui, on l’a vu, est une injure pour l’ouïe à bas débit.

Pour l’écoute à une chaîne hi-fi de la musique gravée sur CD ou DVD, le format qui vaut est le WMA. En effet, pour peu que ladite chaîne lise ce format, il produit des fichiers de qualité acceptable et de taille réduite, surtout en mode VBR 50 ou 75. De plus, sa compatibilité grandissant, vous ne serez pas dépaysé.

Au cas où vous désireriez diffuser sur le Net ou en radiodiffusion standard avec un son net et tolérable, seuls trois formats attirent mon humble attention : l’AAC, le WMA et l’Ogg Vorbis, avec une préférence pour ce dernier. C’est que le format de la Xiph Foundation, je vous l’ai dit, est libre de droits, ce qui signifie que la station de radio ou le serveur Internet n’auront pas à payer de redevances qui seraient rattachées au format (les redevances musicales demeurant…).



[1] Du moins dans la version classique, la version Pro et la version Lossless multicanale n’étant pas des plus véloces dans l’encodage… Voir infra.

[2] Ce qui ne veut nullement dire que la musique enregistrée échappe à la redevance audiovisuelle !

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21 juin 2009

Tour rapide des principaux codecs vidéo en 2009

Tour rapide des principaux codecs vidéo en 2009

Quelques définitions, avant d'entrer en matière

  • Un codec est un algorithme dont la vocation est d'enregistrer (encoder) ou de lire (décoder) de l'audio ou de la vidéo (en ce qui nous concerne) en compressant (encodage ou conversion) ou en décompressant (lecture) les données. Un ordi ou un dispositif quelconque de lecture devra disposer en mémoire du codec correspondant à la vidéo ou à l'audio qui sera lu, faute de quoi la lecture sera impossible. Sur le Net circulent des packs de codecs gratuits réunissant les algorithmes d'encodage et de décodage de la plupart des formats audio et vidéo courants, packs à installer à tout prix si vous êtes un bidouilleur. Mais gare aux instabilités système, lesdits packs créant parfois des conflits avec Windows…

  • La compression est le processus par lequel des données informatiques (ici, des vidéos) sont réduites en taille mémoire grâce à des mécanismes plus ou moins élaborés de suppression d'informations répétitives ou jugées inutiles par l'algorithme. Il est deux types de compression : avec perte de données (Lossy) ou sans perte (Lossless).

  • La décompression est le processus inverse de la compression, c'est-à-dire la restitution des données en une structure qu'une carte son (ou un circuit audio) ou une carte graphique (ou un circuit vidéo) peut exploiter. Cette définition exclut les transmissions purement numériques de type HDMI (pour la vidéo haute définition) ou S/PDIF (pour l'audio de haute qualité) qui, en fait, nullement l'algorithme du format audio ou vidéo pour restituer les données. Notez que la décompression d'un signal encodé avec perte d'informations ne restituera point les données perdues lors de l'encodage.

  • Un container est un type particulier de fichier, souvent audiovisuel, qui associe en son sein le son, l'image et éventuellement les sous-titrages, le tout censé être parfaitement synchronisé. Un format vidéo est généralement en lui-même container renfermant en lui un codec audio et un codec vidéo, les deux parfois de provenance et de nature très différentes.

  • Le pixel est le point élémentaire d'affichage sur écran, par association des trois couleurs rouge, vert et bleu (la chrominance), et du degré de luminosité (la luminance).

  • La pixellisation est un incident au travers lequel toute l'image ou une partie de celle-ci (surtout les zones de mouvement rapide) est décomposée en gros carrés (damiers). C'est le signe d'un taux élevé de compression.

  • Le mode entrelacé (symbole « i ») est le mode d'affichage des téléviseurs traditionnels. Il consiste en ce que l'image apparaît sur écran par balayages horizontal et vertical. Il est de plus en plus supplanté par le mode progressif, qui délivre une meilleure qualité visuelle. Ici, l'image apparaît progressivement et horizontalement. C'est le mode d'affichage des ordis et des écrans à cristaux liquides (LCD).

  • La résolution représente la qualité d'affichage, exprimée par la formule nombre de pixels horizontaux fois nombre de pixels verticaux.

  • Le bitrate, appelé également débit binaire ou encore vitesse de transmission, est le nombre de bits par seconde utile au codage du son et/ou de l'image. Il est exprimé en kbps ou en Kbits/s (kilobits par seconde), parfois en Mbits/s (mégabits par seconde). À ne pas confondre kilobit et kilooctet. Un kilooctet vaut huit kilobits.

  • La HD ou Haute Définition désigne des vidéos encodées en de grandes résolutions (1920 X 1080 ou 1080 X 720) et, partant, en haute qualité. Il désigne aussi parfois du son encodé en quatre baffles minimum, ce qui crée une ambiance de grande réalité (on croit que l'on vit dans le film ou dans le clip).

  • Le Blu-Ray est une évolution du DVD, dont la capacité peut atteindre (voire dépasser) 50 Go ! Il accueille essentiellement des films en haute définition. Il a remplacé il y a un an son concurrent direct, le HD-DVD, désormais enterré.

  • La Télévision Numérique Terrestre (TNT) est une nouvelle norme de diffusion numérique des programmes TV commune à beaucoup de pays européens. Une simple antenne râteau et un décodeur approprié suffisent à capter le signal.

  • Une extension est une suite de caractères, précédés d'un point, qui terminent le nom d'un fichier et qui indiquent la nature de ce dernier et, par conséquent, le logiciel et/ou le lecteur capable de le lire et/ou de le modifier. Attention : l'extension d'un fichier dont Windows connaît l'association avec un programme déterminé est rarement visible, à moins de le paramétrer.

Les codecs proprement dits

  1. Le MPEG I

Le Moving Picture Expert Group, des chercheurs plus que rodés dans le domaine de l'image et disséminés à travers le monde, voulurent, fin 80, inventer un standard dans l'archivage numérique de l'audio-vidéo. Après cogitations et nuits blanches, ils créèrent un format censé placer tout un film de 74 à 80 minutes sur un seul CD-ROM. Ainsi est né le MPEG I dont le débit vidéo est d'environ 1,2 Mbit/s. L'audio, lui, est encodé à 224 kbps en un format conçu pour la circonstance, mais encore largement utilisé de nos jours dans la diffusion satellite, TNT et dans les DVD vidéo : le MPEG I Layer II, plus couramment appelé MP2, grand frère du célébrissime MP3. L'audio-vidéo est encapsulé dans un container appelé… MPEG, tout simplement, avec comme extension .mpg. Au sein des VCD (supports de prédilection de ce format), l'audio-vidéo est plutôt encapsulé en un container portant l'extension .dat.

Prouesse technologique au début des années '90, le MPEG I est actuellement dépassé. La qualité de l'image n'est pas au rendez-vous, même en appliquant les paramètres d'encodage les plus aboutis. Au mieux, on croirait visionner une bonne K7 VHS. Certes, la norme MPEG permet d'augmenter le débit à volonté (j'ignore la limite maximale), mais rares s'avèrent les lecteurs de salon en mesure de supporter d'autres bitrates que la valeur officielle, c'est-à-dire environ 1,2 Mbit/s. Par ailleurs, le MPEG I ne peut être aisément encapsulé avec un autre codec audio que le MP2 qui, je vous assure, ne délivre pas un son des plus transparents à 224 kbps, seul débit toléré par les lecteurs de salon ici.

  1. Le MPEG II

Le MPEG II, dont le développement a été achevé courant 1995, est le codec idéal du DVD, de la réception satellite et de la TNT ordinaire (pas la TNT-HD). Son champ d'applications, comme vous vous en rendez compte, est immense, même en 2009. Il utilise de hautes vitesses de transmission (au moins 4 Mbits/s pour espérer une bonne qualité). À débit égal, le MPEG II est de meilleure facture que le MPEG I. c'est aussi l'un des candidats de la HD, jadis fortement utilisé dans le HD-DVD, mort en février 2008, mais pas trop utilisé dans les DVD Blu-Ray qui lui préfère le VC-1 ou le H.264 (on y reviendra). Du reste, le MPEG II supporte les images entrelacées et progressives, le MPEG I ne supportant que ces dernières. Le MPEG II, enfin, n'est pas figé à un bitrate quelconque : la vidéo est généralement encodée de 2 à plus de 25 Mbits/s en débit constant (CBR) ou variable (VBR), ce dernier améliorant la qualité de l'image en adaptant le bitrate en fonction de la complexité des scènes. L'audio qui accompagne ce codec est bien souvent du MP2 échantillonné à 48 kHz, à débit fixe ou variable allant de 32 à 384 kbps. Le son peut cependant être de l'AC3, autrement nommé Dolby Digital, le codec audio idéal du DVD de commerce, codec expert en son multicanal qui vous plonge dans une ambiance époustouflante. L'AC3 autorise uniquement un débit constant, allant également de 32 à 384 kbps. Les supports audiovisuels de dernière génération sont capables d'encapsuler le MPEG II avec d'autres codecs audio comme le DTS et toutes ses variantes, le MP3, etc. Comme container, à l'instar du MPEG I, le MPEG II use du container MPEG, dont l'extension est .mpg. Les DVD commerciaux, les SVCD, évolution du VCD, quant à eux, se servent plutôt du VOB comme container, dont l'extension est .vob. Les DVD usent communément d'un débit allant de 6 à 9 Mbits/s, alors que les SVCD, pour espérer une lecture assurée sur une platine de salon, ne devrait pas excéder 2,6 Mbits/s, avec son obligatoirement échantillonné à 48 kHz.

Le MPEG II, cependant, est, comme d'ailleurs tous les formats modernes, lent à l'encodage. À des débits inférieurs à 2 Mbits/s, la qualité est à peine améliorée par rapport à MPEG I à cette vitesse de transmission, ce qui fait du MPEG II un codec créant des fichiers lourds et encombrants. De plus, les encodeurs gratuits qui font du bon travail en MPEG II ne fourmillent pas.

  1. Le MPEG IV

En soi, MPEG IV est une norme, plus qu'un codec. Il s'agit en fait de toutes une flopée de recommandations et de nouvelles technologies censée remplacer MPEG I et II. De tout cela ont découlé de multiples codecs vidéo qu'on examinera tout à l'heure. Improprement, le mot MPEG IV désigne un codec né vers 2000, aboutissement de ce que les développeurs appellent la deuxième partie de la norme (MPEG IV Part II). Microsoft s'est largement inspiré de spécifications dudit codec dans la vue de créer son WMV. Les concepteurs du DivX se sont plus qu'inspirés du codec modifié (en fait, cracké) de Microsoft pour créer leur format, du moins jusqu'à sa version 6.

Question qualité, le MPEG IV de base dépasse celle produite par le MPEG I à bitrate équivalent et est à peine légèrement meilleur que le MPEG II à débit égal. L'amélioration de compression n'est donc pas fameuse. Toutefois, l'encodage à l'aide de ce codec est relativement rapide, moins gourmand en ressources processeur que le MPEG I et nettement plus véloce que le MPEG II. Le MPEG IV Part II est encore amplement proposé comme codec d'enregistrement des vidéos aux moyens des cartes d'acquisition. Le codeur Windows Media (toujours de Microsoft) peut également encoder en ce format, mais en l'encapsulant dans son container ASF et non AVI, plus commun, celui supporté par les platines de salon. Ces dernières néanmoins lisent mieux le container AVI disposant de ce codec si la partie audio est du MP3 ou du WAV. La vidéo peut devenir muette si le son est enregistré en un autre format. Théoriquement, le MPEG IV est en mesure de se synchroniser en AVI avec quasiment tous les formats audio. En ASF cependant, l'audio devra être du WMA (même si théoriquement Microsoft nous raconte que l'ASF est censé supporter tous les formats audio).

  1. Le Divx

Tout le monde versé dans le multimédia connaît la fumeuse histoire du DivX aux origines suspectes, car, je l'ai signalé plus haut, issu du crack du codec MPEG IV modifié par la firme de Redmond. Depuis lors, il a nettement évolué. La version la plus répandue, qui n'a plus que très peu de choses en commun avec le MPEG IV d'origine, est celle sortie en 2002 : le DivX 5.0. Grâce à d'astucieux mécanismes de compression, il est capable de faire tenir un DVD de 2 heures pesant 4,7 Go en un seul CD-R de 700 Mo, avec une perte plus que tolérable de la qualité ! Vous comprendrez que dans les milieux pirates et dans les réseaux de partage plus ou moins illégaux du Net, le DivX règne en dieu… Toutefois, si vous désirez encoder en DivX, une machine costaud est exigée, de préférence un PC à processeur double ou multi-cœurs. Il convient d'éviter de s'amuser pour ce faire avec les options avancées qu'offre ce codec génial (comme l'estimation au quart de pixel ou Qpel), ce qui est susceptible d'interdire la lecture sur certaines platines de salon. De même, alors que le DivX peut-être encapsulé avec la majorité des formats audio, il est recommandé d'user du MP3 comme bande son, compte tenu de sa compatibilité. Il est toutefois déconseillé d'encoder le son à débit variable (VBR) : il est des risques de désynchronisation entre l'audio et la vidéo.

Jusqu'à la version 5, le container de choix du DivX était l'AVI. Mais depuis la version 6, il est possible d'encoder en .divx, container plus souple que l'AVI en ce sens que les fichiers créés ne sont pas limités en taille (l'AVI souffre d'une limite maximale de 4 Go) et peuvent bénéficier des sous-titrages en plusieurs langues. La version 7 du codec, sortie fin 2007, semble, elle, utiliser une variante du codec H.264 dans ses algorithmes de compression. On parlera de ce codec fabuleux dans les lignes qui suivent.

Le DivX étant un format soumis à licence et payant à l'encodage depuis sa 6e version (théoriquement), une communauté de développeurs ont décidé de créer et de faire évoluer un format reprenant presque toutes les caractéristiques du DivX, mais sans contrainte de droits d'exploitation. Ledit format et codec a été baptisé XviD, anagramme de DivX. Selon les bricoleurs du multimédia, il offre globalement de meilleures performances que son cousin, même si l'encodage est un poil plus lent. Encapsulé en AVI, le XviD peut s'associer en audio avec les mêmes codecs que le DivX et être lu par toutes les platines qui lisent celui-ci.

  1. Le WMV

S'inspirant largement du MPEG IV Part II, Microsoft mit au point Windows Media 7 en 2000. Très rapide à l'encodage, la qualité n'était que légèrement améliorée par rapport au MPEG IV. Le sachant pertinemment, un an plus tard, les labos à Billou eurent extrait de leurs alambics le WMV 8 qui augmentait le rendu visuel de son processeur jusqu'à 50% ! C'est en 2003 que la firme de Redmond cassa la baraque lors de la sortie du WMV version 9. Excellente qualité d'image, mais encodage lent, à l'instar de son frère ennemi le DivX dont le rendu visuel est d'ailleurs similaire au WMV. Autrement dit, la qualité DVD est atteinte à des débits compris entre 1 et 2 Mbits/s à résolution 640 X 480 (et non à 500 kbps à cette résolution, comme Microsoft aime à le balancer), la qualité proche du DVD à 750 kbps à résolution 720 X 576 et la qualité VHS en VBR à environ 400 kbps à 320 X 240 (et non à 225 kbps, comme aime à le crier Microsoft).

Le WMV 9e version est de nos jours très répandu sur Internet, notamment lors de la production d'extraits vidéo ou encore dans le monde très controversé de la vidéo à la demande (VoD). Controversé en ce sens que le WMV et son copain audio le WMA sot protégeables contre la copie via des verrous numériques difficiles à faire sauter, verrous dont la VoD se sert à cœur joie. Ces protections malvenues règnent également dans les disques Blu-Ray au sein desquels WMV9 jongle merveilleusement avec la HD et change de nom à l'occasion pour devenir VC-1. Comme nous y sommes, rares sont les platines de salon DVD qui savent décoder les WMV. Certains baladeurs vidéo et quelques smartphones récents sont en mesure de lire du WMV, mais seulement la version 9 et le plus souvent en résolution maximale de 320 X 240.

Question container, le WMV est habituellement encapsulé en ASF, auquel cas l'audio qui l'accompagne est du WMA. Lorsqu'il est encapsulé en AVI, tout format audio peut faire l'affaire, mais l'Ogg Vorbis pose des problèmes de synchronisation et l'AAC ne marche que très rarement, voire pas du tout. Encapsulé dans un container particulier sur les disques Blu-Ray, l'audio est du DTS, du PCM ou de l'AC3, rarement du WMA Pro. Mais ici, le WMV9 change profondément de structure et risque fort de ne pas être lu par du dispositif décodant pourtant correctement du WMV « normal ».

  1. Le H.264

Fruit d'une longue et mûre évolution, le MPEG IV Part 10, autrement appelé MPEG IV/AVC, plus couramment connu sous le nom de H.264, est le codec vidéo le plus abouti à l'heure actuelle. Il restitue la meilleure qualité visuelle, surtout en HD, ce qui fait de lui un concurrent sérieux du WMV et du DivX. Ses licences d'exploitation étant plus souples que celles des deux codecs précités, le H.264 se retrouve dans divers domaines. La norme 3GP des vidéos sur mobile, le container FLV des vidéos sur YouTube, le container DivX 7, et surtout les caméscopes HD (usant du format particulier AVCHD), utilisent de plus en plus au sein de leurs codecs soit du H.264 pur, soit une variante de celui-ci. Outre les containers ci-haut cités, l'AVI ou le Matroska (un container sous licence libre très performant, pouvant tout gober sans problème, d'extension .mkv) peuvent également accueillir du H.264. Suite à d'obscures raisons, le seul format audio qui ne s'associe pas avec le MPEG IV/AVC est le WMA.

H.264 a beau être performant en matière de qualité de résultat final, il n'en demeure pas moins qu'il s'avère assez lent à l'encodage. En effet, les algorithmes retenus dans la norme MPEG IV Part 10 poussent très loin les calculs de compression en vue de réduire la pixellisation. La complexité est accrue lorsqu'un autre format lui-même gourmand en ressources processeur, comme l'AAC, accompagne la vidéo.

  1. Le VP6

Codec peu connu, le VP6 est pourtant l'un des plus utilisés en 2009. En effet, au moins 80% des services de partage de vidéo comme YouTube emploie ses algorithmes issus de la société On2, tout aussi méconnue. L'on se sert fréquemment du VP6 en basse résolution, voire à moins de 25 images/seconde. La qualité n'est certes pas de la partie, mais elle rivalise sérieusement avec les autres codecs concurrents à débit équivalent, celui-ci tournant autour de 250 kbps. L'audio compagnon du VP6 est le plus souvent le MP3, mais le WAV dans la plupart de ses variantes (PCM, ADPCM), ainsi que récemment l'AAC, peuvent aussi faire l'affaire. Le tout est encapsulé au format .flv, propriété de Macromedia. Comme dit supra, ce container peut parfaitement supporter un autre codec vidéo comme le H.264, notamment au sein des vidéos estampillées HD dans YouTube.

Depuis 2008, le codec VP6 s'est amélioré pour devenir le VP7. Néanmoins, la grande majorité des vidéos en FLV restent encore encodées en VP6. Certains modèles de lecteurs DVD ou Blu-Ray lisent sans souci le format FLV, qu'il soit encodé en VP6 ou en VP7, mais sont susceptibles de ne pas reconnaître du FLV contenant des vidéos enregistrées à l'aide du H.264. Il est également à retenir que le FLV supporte sans problème le sous-titrage, moyennant bricolages.

  1. Le 3GP

Ce format vidéo est le pur produit d'un consortium de géants du mobile (Nokia et compagnie), format destiné à la visualisation des clips et autres séquences filmées sur téléphone portable. Même sur écran de mobile, la qualité des images est médiocre. Normal avec les débits proposés, rarement supérieurs à 100 kbps pour la vidéo, ce qui est trop bas. Par-dessus le marché, les images paraissent souvent saccadées, leur nombre étant généralement en-dessous de 25 par seconde. Quant à l'audio accompagnant ce codec, l'AMR-WB (le format des fichiers enregistrés vocalement par les dictaphones des téléphones qui possèdent cette fonction), pas fameux non plus en fait de qualité, sonorise la majorité des vidéos 3GP. N'ayant pas testé le 3GP à des débits supérieurs ou avec d'autres codecs audio, je ne tire aucune conclusion pour ce qui est de la qualité globale du codec vidéo. Ce format, lui-même container, est capable d'encapsuler l'AAC, mais cela risque de poser de problèmes de compatibilité, attendu que les téléphones supportant ce codec, même en 2009, ne foisonnent guère. Quoi qu'il en soit, je ne connais pas de platine de salon qui lise le container 3GP.

Posté par rouspecteur à 21:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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