LOSSLESS ET NEAR-LOSSLESS : QUELS USAGES ?

Le progrès technologique a permis ces dix dernières années de créer des formats audio qui permettent de compresser le son à l’identique de l’original. Ces formats sont appelés lossless ou sans perte. D’autres astuces donnent, de l’autre côté, de sauvegarder des données sonores avec une qualité si proche de l’orignal qu’on peut dire que « perceptuellement », 99,999999% des gens croiront que c’est du sans perte. On appelle « near-lossless » les formats qui réalisent ces prouesses.

La question est alors de savoir quand est-ce qu’il faut se servir d’un codec sans perte et quand user d’un format presque sans perte. Après avoir répondu, on va citer, pour chaque cas de figure, les formats audio les plus utilisés en 2012.

A.   Le lossless

1.        Avantages et inconvénients

Tout mélomane pointilleux n’a qu’un seul souci : sauvegarder ses CD audio originaux de manière à ce que la copie soit la réplique parfaite desdits CD. L’informatique l’aide énormément quant à ce avec les codecs lossless. Ceux-ci ont un double avantage :

v  Les infos propres à chaque chanson (artiste, année, titre, album, etc.) sont enregistrables dans les fichiers, contrairement aux CD audio, ce qui permet facilement de trier dans sa discothèque

v  Par rapport au CD audio, il y a gain d’espace, d’un rapport allant de 3 :1 à 1,2 :1, le tout dépendant au fait de la nature du son à compresser. L’expérience prouve que la musique classique jouit d’un meilleur gain d’espace, alors que le rock et la musique artificielle (du genre techno, house, dance, etc.) profite plutôt d’un gain beaucoup plus bas

Toutefois, deux inconvénients assez importants empêchent plus d’un d’utiliser le lossless :

v  La lourdeur des fichiers créés : une chanson de quatre minutes peut peser 30 Mo. Les disques durs actuels dépassant le téraoctet de capacité permettent en partie de pallier ce problème

v  La compatibilité matérielle n’est pas si évidente : seules quelques grandes marques (et ipso facto seuls quelques appareils onéreux) lisent les formats lossless et pas tous à la fois

2.      Quelques formats lossless courants

v  Le FLAC : le maitre incontesté du lossless qui possède deux qualités majeures : son caractère libre (il n’est pas soumis à redevance lors de son utilisation) et sa grande compatibilité hardware (plusieurs baladeurs, chaines hi-fi et disques durs multimédias décodent sans problème le FLAC). Cependant, son taux de compression est plutôt moyen, quand bien même les paramètres seraient réglés au maximum

v  Le WMA Lossless : format propriétaire de Microsoft, il compresse mieux le son que le FLAC, mais est légèrement moins rapide à l’encodage et au décodage. Peu de baladeurs et de smartphones lisent le WMA Lossless (Zune HD et téléphones sous Windows Phone), mais certains équipements récents sont de plus en plus compatibles (comme les platines Blu-Ray, certains ampli HD, certains disques durs multimédias)

v  L’ALAC : codec inventé par Apple pour ses iPod qui sont d’ailleurs parmi les rares équipements à le décoder. Très rapide à l’encodage, mais mauvais taux de compression

v  Le Monkey’s Audio : format libre tout comme le FLAC, il compresse mieux le son que ce dernier, mais moins bien que le WMA Lossless. La vitesse d’encodage est presque aussi rapide que le FLAC. Le Monkey’s Audio est compatible avec certains baladeurs, comme les produits Cowon

v  Le Wavpack : le meilleur encodeur lossless quant à la vitesse d’encodage et au taux de compression, mais le moins bon pour ce qui est de la compatibilité matérielle : trouver des l’équipement qui lit du Wavpack relève du parcours du combattant

B.    Le near-lossless

  1. Avantages et inconvénients

Mis à part ceux qui exploitent l’audio à des fins commerciales ou les geeks de la musique parfaite, rares sont ceux qui utilisent la grande partie de l’espace de leur disque dur (externe ou pas) à l’archivage des gros fichiers audio. Pour des besoins non infondés de sauvegarde de capacité mémoire, le near-lossless se révèle fort utile. Auditivement, il équivaut quasiment au lossless. Sans compter deux autres avantages indéniables :

v  Un fichier audio de quatre minutes pèsera souvent moins de 15 Mo, au lieu d’en moyenne 30 Mo pour le lossless

v  La compatibilité hardware s’avère plus grande

À mon avis, l’usage d’un codec near-lossless ne comporte aucun inconvénient, du moment que la perception auditive est quasi-conforme à l’original pour près de 100% des audiophiles.

  1. Quelques formats proches du lossless

v  Le Vorbis : en q6, ce format libre dupera presque tout le monde et produira un audio de débit moyen aux alentours de 180-240 kbps. Plusieurs marques, surtout de marque coréenne, décodent le Vorbis

v  Le MP3 : le paramètre VBR V0 crée des fichiers de bitrate moyen oscillant approximativement entre 240-280 kbps pour une qualité parfaite pour de la musique « courante » (rap, hip-hop, pop, rai, etc.), mais 1% des audiophiles remarquera de très discrètes distorsions là où les attaques sont très franches (castagnettes, harpes, etc.). Le MP3 ne devrait être utilisé que si l’équipement audio ne supporte pas d’autres codecs (à noter qu’en 2012, 100% des équipements audio lisent ce format)

v  Le WMA standard : la qualité sonore du mode VBR Q98 est irréprochable, un peu comme le Vorbis, mais le débit binaire moyen est assez élevé, avoisinant 320-360 kbps. Toutefois, tous les smartphones récents de grandes marques (excepté les produits Apple) et les disques durs multimédias décoderont sans pépin ce format, mais pas forcement les baladeurs et chaines hi-fi, un certain nombre de ces produits lisant mal le WMA standard lorsque la vitesse de transmission moyenne dépasse 192 kbps

v  Le WMA Pro : beaucoup moins compatible que le WMA standard, ce codec est lu par tout équipement qui lit du WMA Lossless. Le mode VBR Q90 contentera tout le monde avec son débit moyen de 130-200 kbps, le plus économique en espace des codecs near-lossless

v  L’AAC-LC : le palier VBR q0.6, qui cree des fichiers audio aux alentours de 200-230 kbps, produit un son conforme à l’original pour plus de 99,99% des audiophiles. De nos jours, plusieurs baladeurs et platines Blu-Ray décodent ce format et, bien entendu, tous les produits de la firme à la pomme (iPhone, iPod, iPad)

v  Le MPC : le paramètre dit « Braindead » offre la meilleure qualité near-lossless qui soit, graphiquement et auditivement. Le débit moyen tourne autour de 300-350 kbps. Fort malheureusement, fort peu d’équipements audio décodent le MPC

 

Wma Imperator